MARC-AURÈLE DE FOY SUZOR-CÔTÉ (1869-1937)
On connaît au moins une petite étude du sujet que Suzor a esquisssée au fusain, conservée aujourd'hui au Musée du Séminaire de Québec (fig. 23a). Les traits rapides et adroits de ce dessin, composé tout en mouvement, sont à mettre en parallèle avec le rendu de la sculpture. Dans le fusain, la disposition des personnages est cependant inversée par rapport à l'oeuvre sculptée. L'Indienne à l'écart, qui sera coulée seule ultérieurement, est placée dans l'esquisse devant le groupe des autres personnages. Cette femme est suivie par la silhouette d'une enfant, que l'artiste n'a pas retenue dans la sculpture afin, de toute évidence, d'épurer sa composition.
Même si l'oeuvre de Suzor investit pleinement l'espace, le fusain préparatoire permet de démontrer que le rythme mélodique du mouvement des personnages passe d'abord par le tracé de la ligne. A cet égard, L'Indienne seule, souligne toute l'importance du dessin par rapport au traitement des volumes. Cette représentation évocatrice des Femmes de Caughnawaga laisse deviner également la présence, sous-entendue, d'un élément déterminant clans toute l'oeuvre de l'artiste, c'est-à-dire le paysage. Ces trois figures qui avancent lentement d'un pas majestueux ne sont pas totalement exclues du contexte quotidien dans lequel elles évoluent. Le vent les ramène à la dure réalité de leur milieu physique. Les visages personnalisés des Indiennes contribuent, en dernier lieu, à définir le caractère pittoresque de ce groupe. Ce modèle en plâtre, recouvert d'une riche patine imitant le bronze, permet tout particulièrement de mettre en valeur les ombres et les lumières de cette sculpture.
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